Je reviens souvent à cette phrase : je suis humaine.
Je ne suis pas un moine retiré au sommet d’une montagne, loin du bruit, des sollicitations et des relations. Seule, il peut parfois être plus facile de rester centrée sur mes belles intentions.
Mais être en relation… oh là là!
Là, la véritable exploration commence.
J’ai toujours aimé être structurée. Planifier mon année, organiser mes semaines, prévoir ce qui s’en vient et garder une certaine maîtrise sur ma vie me rassure. L’insécurité et l’instabilité me stressent, alors j’ai développé de très belles qualités pour y répondre : je suis vigilante, prévoyante, organisée et attentive aux fameux « au cas où ».
Pendant longtemps, j’ai appelé cela être responsable.
Puis, dans ce désert, le contrôle s’est présenté autrement.
J’ai eu l’impression qu’on retirait soudainement le plancher sous mes pieds. Plus de scénario suffisamment solide pour me rassurer. Plus de planification capable de me garantir ce qui allait arriver.
Et le vertige est arrivé.
C’est là que j’ai commencé à voir ce que le contrôle m’apportait réellement.
Il ne pouvait pas empêcher l’imprévu, l’instabilité ou la perte. Il me permettait surtout de croire que tout allait bien parce que j’avais prévu suffisamment de choses.
Au fond, cette sécurité était fragile.
Et surtout, malgré tous mes plans, le vide était encore là.
Alors mon exploration du contrôle est devenue une exploration de la foi.
Je m’entraîne à ne pas connaître toute la route avant de faire le prochain pas. Je m’entraîne à laisser une place à ce que je n’avais pas prévu et à ne pas immédiatement remplir l’incertitude par un nouveau plan.
Et surtout, je m’entraîne à croire que Lui sait peut-être mieux que moi ce qui est bon pour moi.
Pour quelqu’un qui aime savoir où elle s’en va, c’est tout un entraînement.
Et peut-être que le dépouillement me conduit exactement là : passer doucement du besoin de tout sécuriser à la confiance de me laisser conduire.
Cette troisième escale m’a amenée à regarder ce qui se passe lorsque je ne peux plus m’appuyer autant sur mes plans, mes prévisions et ma capacité à tenir les choses. Et lorsque ces repères ont commencé à tomber, une autre voix s’est fait entendre : celle qui évaluait ce que je devenais lorsque je n’avançais plus comme avant.
C’est là que l’Orgueil s’est pointé le nez.

